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La commanderie teutonique Sainte-Catherine
(Cologne)
 

Sainte-Catherine était une église de Cologne aujourd’hui disparue, qui jouxtait l’église Saint-Jean-Baptiste. C’était l’église d’une commanderie de l’Ordre teutonique relevant du baillage de Coblence. Le roman débute dans cette commanderie, où Tilmann passe une partie de son enfance et de son adolescence.

La commanderie Sainte-Catherine était un établissement atypique. En effet, située dans une ville majeure du Saint-Empire, l’une des capitales de la Hanse, on s’attendrait à ce que qu’elle eût été choisie comme siège de bailliage. Retour sur l’installation de l’Ordre teutonique à Cologne.

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Sainte-Catherine et Saint Jean vus du Rhin (d’après la gravure de Anton Woensam 1531)

L’Ordre teutonique n’a pas encore d’établissement à Cologne, quand l’archevêque Engelbert I de Berg y fonde en 1219 un petit oratoire dédié à Sainte-Catherine, qui est élevé par les soins du magistrat de la ville dans le voisinage de l’église Saint-Jean-Baptiste. À l’époque, le site jouxte la porte Saint-Jean, l’une des portes dans l'enceinte de la ville, donnant à l’extérieur sur le quartier Saint-Séverin.

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Le quartier Saint-Séverin (en vert) et l'église et la commanderie Sainte-Catherine (en rouge), à l'intersection entre le quartier Saint-Séverin et la ville proprement dite.

Un bourgeois de Cologne, Heinrich Halverogge, fait donation à l’oratoire d’un hospice dont le service est confié aux hospitaliers de l’Ordre teutonique. Comme la fondation se situe de part et d’autre du fossé qui sépare la paroisse Saint-Jean-Baptiste du quartier Saint-Séverin, il s’ensuit un conflit juridique : en effet, Saint-Séverin bénéficie d’importants privilèges et exemptions, dont l’hospice aimerait bien profiter également. Finalement, en 1220, l’hospice échoit en propriété à l’Ordre teutonique, qui y installe, côté Saint-Séverin, une commanderie. Celle-ci relèvera du bailliage de l'Ordre à Coblence.

La commanderie bénéficie par la suite de dons en biens et droit de patronage. Dans la deuxième moitié du XIIIe siècle, une église remplace le petit oratoire. Les deux églises, Sainte-Catherine et Saint-Jean-Baptiste sont accostées l’une à l’autre, et leurs silhouettes associées sont très reconnaissables sur les gravures anciennes de la ville. Le service en est confié aux Carmélites en 1421. L’ensemble bénéficie encore de travaux d’extension au milieu du XVe siècle.

La commanderie et les bâtiments conventuels étaient situés au sud de l’église, de l’autre côté de la rue marquant l’ancien fossé. Sur le plan de Mercator de 1571, on remarque une passerelle enjambant la rue pour accéder directement de la commanderie à l’église.

En 1600, l'Ordre teutonique déplacera finalement le siège du bailliage de Coblence à Sainte-Catherine. Au moment de sa sécularisation en 1798, la commanderie possédait une vingtaine de maisons, autant de fermes, un moulin et plus de deux mille hectares de terres.

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Église et commanderie teutonique Sainte-Catherine

sur le plan de Mercator de 1571 (détail)

Références :

 

Clemen P. (Hrsg.) (1937), Die ehemaligen Kirchen, Klöster, Hospitäler und Schulbauten der Stadt Köln, Düsseldorf.

Le site de Damian Hungs (en allemand) : https://www.damian-hungs.de/kommende-st-katharina-koeln/

Là-bas sont les dragons

1410. La bataille de Tannenberg, aux confins du Saint-Empire, amorce le déclin des chevaliers teutoniques. Les lignes se déplacent. Les barbares de jadis sont devenus chrétiens, et ne donnent plus aux conquêtes l'excuse de la croisade. Autant dire que l’ennemi est un voisin, un presque semblable. Où sont ces créatures fabuleuses que les cartes du monde, rassurantes, désignaient comme monstrueuses mais lointaines : Hic sunt Dracones, « ici sont les dragons » ? Pour Tilmann, jeune palefrenier en la commanderie de Cologne, cet « ici » est un « là-bas » qui l'appelle. Mais à l’aube de temps nouveaux, la terre est devenue ronde et sans bords. Le lieu le plus lointain que je puisse atteindre demain, n’est-il pas celui où je me trouve aujourd’hui ? Y a-t-il d’autres confins à explorer, d'autres dragons à rencontrer, que ceux que je découvre en moi-même ?

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Patrick Schmoll

Patrick Schmoll est docteur en psychologie et diplômé de sciences politiques, d’histoire et de sociologie. Il a fait l’essentiel de sa carrière, de 1977 à 2020, au CNRS (Centre national de la recherche scientifique), où il a notamment contribué au lancement de la revue de linguistique Scolia jusqu’en 2000, puis a été rédacteur en chef de la Revue des sciences sociales jusqu’en 2014.

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Acteur local de l’innovation à Strasbourg, il a participé au début des années 2000 à plusieurs projets de jeu vidéo et de serious games, et a cofondé la société Almédia et le studio de jeu vidéo Ernestine. Passé dans le privé en 2021, il est directeur scientifique de PSInstitut et des Cahiers de systémique.

Auteur de plusieurs essais, dont une série d'études consacrée à la figure de la "Société Terminale", il livre ici un roman à entrées multiples : fiction historique, mais aussi réflexion sur la passion amoureuse et sur l'écriture créatrice de mondes.

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